On prône la sincérité, l'honnêteté & tout les grands préceptes allant de paire, se débectant du mensonge et de la trahison. On idolâtre la dissimulation. Les autres n'ont pas grand intérêt pour nous , nous leur parlons & passons du temps avec eux, faisant mine de s'intéresser à leurs futilités & autres soucis existentiels. Nos fabuleux conseils leur sont salvateur, nôtre présence est pour eux synonyme de soutient , et nos attentions d'amitié. Le sourire qui irradie sur leur visage nous laisse de marbre, mais nous prenons la peine de leur faire remarquer, histoire de regonfler leurs ego en berne. Nous les sollicitons rarement, sauf lorsqu'il faut regonfler le nôtre. Nous savourons leurs belles paroles, acceptons avec bonheur leurs présents & sommes heureux d'être les investigateurs d'un tel partage.
La manipulation est pourtant très mal vue. Elle ne dois pourtant pas avoir cette connotation négative, si elle peut servir à emplir le c½ur des autres de joie, non ? Parce que nous n'adoptons pas un tel comportement uniquement pour nous rassurer sur nôtre capacité à blesser les autres, mais aussi pour aider les faibles. Ce n'est pas ça, la charité des bons sentiments ?
La manipulation est omniprésente , pourtant. Car sous ces grands airs d'amitié dévouée, se cache tout simplement une très grande politesse. Politesse s'étant subtilement lestée de ses valeurs.
Nous les reconnaissons tout de suite, et lorsque nous rencontrons l'un de nos compatriotes , nous sommes submergés de doutes envers nous-mêmes, et accédons à l'immense privilège d'exercer sur nous une réelle remise en question.
C'est là que nos m½urs enfouies se réveillent. La franchise avec laquelle nous nous plaisions à rabaisser les autres se tourne vers nous et nous arrache nos ½illères.
Car ce n'est pas les autres & leurs insalubrités qui nous rebutent.
C'est nous même & la poésie de nos mensonges.